Patrick Coutin était le mois dernier sur la scène de l’Olympic pour les Rockeurs ont du coeur. C’est l’occasion pour moi de vous présenter son nouvel album « Le Bleu » sorti en octobre dernier. Mais avant de vous parler de cet album, Patrick s’est prêté au jeu d’une petite interview pour se présenter à vous.
L’interview
Bitchlemagazine- Nous avons un lectorat qui ne te connaît peut-être pas. Tu es à l’origine du tube « J’aime regarder les filles ». D’où est partie cette chanson ?
Patrick Coutin – 1981. On était en studio, dans l’un des plus grand studio du monde (Le chateau d’Herouville), on y etait venu pour 2 jours, mais comme Higelin était malade, on y est resté un mois, à sa place. C’était en Août, tous nos copains étaient sur la côte, et nous on était enfermé en studio. La chance de notre vie, mais aussi la prison. C’est sorti comme ça. J’avais envie de dire que mon truc, à côté de jouer de la guitare, c’était d’être sur une plage et de mater les filles. Primaire… Un message d’amour à mes copines MLF de l’époque…
B- Ta carrière ne s’arrête pas à cette chanson. Je crois que tu étais journaliste pour pour Rock&Folk, que tu es aussi producteur… et j’en passe. Tu peux nous faire une petite bio rapide ?
P- Journaliste à Rock’n'Folk et au Monde (les deux m’en veulent encore), auteur, compositeur, chanteur, guitariste (9 albums), réalisateur des (Wampas, Dick Rivers, Jean pierre Morgand, etc). De musiques de films. Citoyen engagé. Anarchiste.
B- Tu reviens en 2010 avec un nouvel album. Pourquoi ? Tu as senti une tendance venir avec la tournée âge tendre ?
P- Je reviens pas. J’ai toujours été la, dans l’ombre, ce qui me va. Mais on dirait aussi que ce pays (La France) a envie en ce moment, d’écouter et de criser sur un peu de rock’n'roll… Moi et mes pirates, on n’attendait que ça. Vous avez envie de trois accords saturés ? D’un peu de Rythm’n'Blues ? Sex and Drugs and Rock’n’ roll ? OK. On est là. A l’Olympic, à Nantes, on a fait 45 minutes de pur bonheur. On est là pour ça. Les années 80 ? On s’en fout. Notre tendance, c’est prendre notre pied. RDV dans notre antre du Réservoir à Paris… Et où vous voulez…
B- Qu’as tu essayé de transmettre à travers cet album ?
P- Je ne transmets rien. Je m’assieds. Je regarde, j’écoute. Je suis un reporter de ce qui est. Je comprendrais cet album un jour. Je n’ai fait que retranscrire ce que j’ai entendu. L’état du monde perdu.
B- Je reviens sur ton parcours, avec ta casquette de producteur. Tu as auto-produit ton dernier album ?
P- Oui dans le sens où on a fait ce que l’on voulait, comme on voulait, quand on voulait. C’est du luxe. Personne ne nous produit. Même pas moi.
L’album
Playlist
Le bleu
S’envoler
Ernest
Les voitures qui penchent
Justice
Lexo
Je t’attends
Poison chimique
Sauve moi
La dernière prière
Labo social
Ni Dieu ni Maitre
Dès les premières notes on imagine assez bien les conditions d’enregistrement sans contraintes, notamment de temps. Il commence par la chanson « Le Bleu » qui se trouve être aussi le nom de l’album. C’est un morceau calme, à l’image de cet album. Une gratte, un petit rythme de batterie très léger et une voix posée et maîtrisée. On passe de chansons en chansons sans trop savoir où l’on va… On se laisse porter par la musique, on erre. Et comme dans tout voyage on fait un rencontre (une femme évidemment). On traverse également plusieurs univers chers à l’artiste : l’amour, les femmes (encore et toujours), la colère, la religion… Et j’en passe. Patrick qui nous disait dans l’interview « Je suis un reporter » a vraisemblablement retranscrit les émotions qu’il ressentait à travers sa musique au moment de l’enregistrement. Véritable instantané d’un moment unique de complicité entre Patrick et ses musiciens qui rend la chose presque magique. Un album emprunt d’influences et de caractère qui font de Patrick Coutin l’artiste qu’il est aujourd’hui.
site de l’artiste : coutin.net
William Jezequel



